Marihanama

17 février 2019

Au Lac de l'Etoile

 

C’est au lac de l’Etoile, au sommet du hameau,
Que l’Huguette en son bar accueille le dimanche,
Trois anciens samariens vêtus, chemise blanche
Et gilet engonçant, de leur panse, la peau.

Lors la poussière vole et le blanc limé brille,
Le bleu sur les queues luit, tremblent sur le tapis
Les sphères –crème ivoire, une seule est rubis-
Quand s’allume l’espoir en l’œil de chaque drille.

Insidieusement, en confessionnal,
L’endroit se fait l’écho des pleurs de la semaine,
Huguette est presque abbesse, et l’amour et la haine,
Elle en connait des pages, de cet arsenal.


L’un se plaint de sa femme, aimerait qu’elle l’aime,
Le second flanche et crache à son noir célibat,
Le troisième, comblé, n’attend qu’une neuvaine
Le livre en son ivresse à l’inédit ébat.

Quand plus aucun regard n’est jeté sur les billes,
Qu’à la porte, l’affiche au passant dit « Fermé »,
Huguette, au canevas, se replonge et ces grilles
Tissent d’autres versants dont un lac est l’acmé

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A la mort

 

 

Ce fut du vent, les eaux, les vents de l’eau, la Vie
Et la lave en la terre et sur l’humus, le feu 
Fit s’éveiller les sens, à son corps, il se fie,
Par ses mains et sa bouche, apprend le temps, l’envie
D’écouter la douceur des sons et fait le vœu,
De se nourrir de l’air, de la terre et du feu,
Souffle le vent sur l’eau, sur l’humus, Ô la Vie !

Or l’amniotique instinct mène au tiède refrain
Qui castre l’anankè qu’aucun danger ne frustre,
Ô Mort, grain du rouage qui brise le frein,
Casse, sans coup férir, le plus dur de l’airain,
Réduit au plus infime des éons, le lustre,
Bienvenue Ô terreur, mon soleil noir, illustre
Jeu, jus de mon esprit, sans toi, je ne suis rien.

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16 février 2019

Vilaine

 

 

Délicatesse en délicatesse,
Les vers coulaient, tels d’imprévus vins,
Les effets longs et plus ou moins fins
Avaient tôt fait d’exciter l’Altesse :

Vos mots sont fats et leur étroitesse
Rime si faux, les pas des biffins
Sont plus joyeux que votre tristesse

A ghazéler, sinistres bouffons !
A trop ouïr ces cancrelats, lasse,
Qu’on me meuve à l’underground paillasse,
Que Poésie s’ouvre à ses vrais fonts,

N’oubliez pas mon arme, caillasse.

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15 février 2019

Voix

 

 

C’est toi ? Rubis frisson, roule ton feu, viens, entre !
Sous la douceur sélène, en corolle, l’ocelle
A creusé sous sa dune un calice vers celle
A qui l’on doit le cri, le vent glacé, la cendre.

Que son prénom se lise à la couleur de l’ambre,
Qu’âcre ou sucré, son cœur se fasse balancelle,
Et, sacré, s’offre au khôl qui mûrit sur le pampre,

Entre, que tu sois muse, hermine ou damoiselle ;
Mes dents sont tels les crocs de ces efflanqués chiens
Qui croissent pour crisser sur d’invisibles riens,
Mais tendre est ton parfum, le désert s’étincelle,

L’eau se donne à la nuit. Entre maintenant, viens. 

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Tournis

 

 

Nous aurions sublimé le corps par le mot dur,
Phallique autant qu’un quartz qui agrippe l’ouïe
Pour encrer, clous, nos chairs en un tremblant futur ;

Et l’oreille absolue eût l’audace inouïe
De s’affrioler l’âme en fragiles atours,
Puis d’ainsi simuler la grâce évanouie,

Les farces de l’esprit ricochent en contours
A l’omphalos, au feu des nuits où l’on s’ennuie,
Quand deviennent les sangs, d’insensés troubadours.

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11 février 2019

Echappée

 

 

Je pompais sans vergogne à ton stick, ô ma sœur,

J’en emplissais, railleur, tel qu’un joyeux ivrogne

Eût fait d’un dernier verre ou d’une antique gnole,

Mes poumons et taffais à m’en saouler le cœur ;

 

Et dans la cour, la Lune à l’acacia se cogne,

Aquilon, Téquila, Coca, farce et liqueur

M’avaient fait te zapper or bée, à l’ascenseur,

Ta crinière noir-jais chantait la Carmagnole.

 

Nous filâmes, Aline, au-delà de Chiang-Mai

Où quelque or de stupa se colla sur notre aile ;

A l’huile, à l’encre, à l’eau d’une simple aquarelle,

Tu dessinais l’ombrelle d’un bleuté Mai-Tai.

 

Au bush, bataillant ferme contre l’anophèle,

-Salopette Kill Bill-, cinglante samouraï,

Près d’Ayers Rock au saut d’un si long riff de Ry

Cooder, tu dansais vite, si vite, civelle.

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07 février 2019

Fiu

 

 

Des flamboyants, en rouges tonnelles,
Pleut un parfum dense et languissant,
Qui sur la sente, ourle, étourdissant
Le promeneur, d’ombreuses flanelles.

Le soleil brûle or ses rais naissant
Cinglent l’iris et, par les prunelles,
Glissent noires et si solennelles,
Maintes humeurs, allant pourrissant.

Imaginer, sur ce magnifique
Îlot blanc pur du Grand Pacifique
Une détresse, excessif ennui…

D’où vient l’esprit, si neurasthénique,
Qui nous soumet, aussi tyrannique,
A la torpeur du motu nui ? 

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03 février 2019

De Salus

 

 

Sur son texte "U-turn",
ping-pong avec Lô (en italiques) :

Du labyrinthe clair de ton cœur tortueux
S'échappe l'urubu planant sur ton envie ;
Tous ces désirs vont-ils comme une tortue ? Eux
Qu'on voit lentement prendre une allure assouvie...

................

C'est l'instant de l'instinct ; le serpent qui défie
L'apprivoisée humeur, le socle vertueux,
Met à mal le vieux mâle et sa philosophie,
Instille un pur venin quasi délictueux

.................

Ce poison compromet ta littéraire vie ?
Pourquoi, dans son panier, mettre ainsi tous ses œufs ?
Tu sais bien : le sociable est un rut qui dévie !
Les penchants, les pulsions font pourtant de beaux feux...

…..............

Extatique toxine, elle offre, hypertrophie
Les émotifs effets grisants et dangereux
Nés d’une distorsion qu’exacerbe, amplifie
La mise en mots, en vers brûlants, aventureux. 

…................

Mais la sublimation, dit-on, du sexe creux,
Ferait reluire, interne, au sein de la graphie
La couleur chatoyante et quelque ombrage ocreux...
...Si tant soit qu’on se risque à l’anthroposophie !


….........................................

L’ésotérique élan d’anciens sages hébreux
Ou du Pseudo-Denys, de Steiner, certifie :
Notre éthérique esprit est femme, ainsi, fous, preux,
Ecrire en d’autres sens, au morne sort, obvie

.............

Eliphas Lévi - puis tant de chercheurs peureux -
(Paracelse, ainsi, fit l’alchimie asservie)
Loin du principe-enfant retournèrent aux dieux :
La quintessence féminine stupéfie !

..............

A temps quelque antécédent pût
Graver ce mème, or la rivière
-Qu’un alter l’aimât ou la bût-
Coulait à la fois sale et fière :
*
Sagesse, sagesse, d’où viens-je Ô Sophie ?
J’aime quand Jidhu dit : « soyez cools et heureux ».
Se penser dans la danse en caresse soufie,
Etre la caméra de l’œil du macareux 

(*Où l’on rejoint la partie parallèle, chapeau, Lo !) 

..........

Dans ce Léthé dont Belzébuth
Fait couler la liqueur amère ?
Ce vinaigre au composé brut
Exsudé par l'étrange Mère ?


(Ami, recompte !) nul égo ne déifie 
Ce Krishna, doux prophète, et trop peu sulfureux ! 
(Prendrai-je donc le point, fors ta théosophie ?)
...Mais je t'ai cru, l'athée ! et je t'ai su furieux !

…............

C’est bien moins à L’Alcyone ici que je me fie
Qu’à son enseignement d’être toujours curieux ;
De toute autorité, ne garder l’exuvie,
Fi de la hiérarchie et des désirs glorieux

Compter que cet hendeca sût
Par son « Ô » long faire l’affaire…
Ah Dommage qu’il ne te plût,
Tu prends le point de cette sphère.

Et big merci pour le voyage
Sur les dos des cas des octos ;
Ce que j’aime dans ce maillage,
Les routes qui s’ouvrent, cadeaux ! 

…..................

...Comme une grêle le mot plut 
Dans l’écho bleu des sons de verre ;
Agrée, au ton de mon salut,
Mon sentiment pour toi, trouvère,

Et le plaisir de cette plage
De jeu (le ping-pong a bon dos)
Où nous avons rempli la page
Mieux qu’on l’eût fait d’âpres rondeaux !


Partie parallèle :

...Et tu réponds tous azimuts
Ubique Shiva littéraire
Comme muni d'autant de luths
Dans chacun de tes bras d’épeire !

….................. 

Quand tu, Salus, me donnes l’ut
Le beat, le groove, les chimères
Ouvrent l’espace et cet input
Fait des extras, nos ordinaires

…......................

Par le travers de l’occiput
Nous passent d’étranges grammaires
Qui sont le bout de notre but
Celui de bonheurs éphémères...

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27 janvier 2019

U-turn

 

 

A peine avais-je vu son corps, je regardais ;

Et presque avais-je ouï sa voix, je l’écoutais.

 

Ô quelle arme est ce khôl et quelle anche a ce style ?

Ce lamé noir envol, vibre hanche, reptile,

 

Qu’éclair après éclair d’argent, je décousais,

Or immoralement, déjà, je l’épousais ;

 

Remisais au ru bu, la mésange, vestale,

Et remettais mes sens et mon cœur à Dédale

 

 

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20 janvier 2019

Scène de ménage II

 

 

- Que connais-tu de mes data ?

Nada !

Triste Inorganique inutile !

Intelligence Artificielle, ça ?

Déboguez-le ! Qu’on le mutile !

 

- Que j’anticipe ton envie,

Evie ?

Pour cette ire et ton air humain,

Mon sang secrète du hasard, Chérie,

Te souviens-tu du mot « Demain » ?

 

 

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13 janvier 2019

Flans de tanches

 

 

Le brochet glissait, sec, dans le profond glacial,

L’écaille scintillait entre les myriophylles,

Affamé, fusiforme, il filait, vif, martial,

Son humeur battait rouge aux ouïes, tranchefiles,

 

Sur une ligne stricte, à l’instar du gavial,

Se posait, pétrifié, comme les crocodiles,

Inerte, impassible à l’excitant diluvial

Eclair, viride à-coup de trois tanches subtiles :

 

L’une promit la Lune au sérieux carnassier

Un trente, en plein hiver, au mois de février,

-          je te jure du frai, s’engagea la seconde

En avril ou en mai, le frais fretin abonde,

-          Moi Prince, écoutez-moi, je ne suis le guignier,

Quenelles vous serez du plus beau cuisinier.

 

 

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10 janvier 2019

Et même dans le ciel !

 

 

Impensable que les maçons,
Selon le lieu de construction,
A Berlin, en Pennsylvanie,
En Inde, en Chine ou en Russie,
N’auraient pas droit au même nom !

Absurde élan de possessions,
L’on affuble la profession
Des voyageurs en Galaxie
D’un chauvin mot de leur patrie,
La liste n’est que déraison :

Ainsi les hommes de Bombay
Décollent en vyomanautes ;
Et planent fiers en astronautes
Les pilotes du New Jersey,

Spationautes ou cosmonautes
Sont de Paris ou de Moscou
Mais si vous êtes des Mandchous
Alors vous êtes taïkonautes.


Ô toi qui n’as pas de frontières,
Évites, souple, les ornières,
Toi qui décolles de ta tête,
Partout, tu t’appelles poète.

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06 janvier 2019

Sirènes VS Muses

 

 

Achéloïde, cisaillante femme-oiseau

-          Perce, transperce le tympan, cingle, Ligie !

Depuis ton aire aux sables blancs, piètre vigie ;

Euterpe tend l’air du plus céleste roseau.

 

C’est l’émotion, le ton, la voix : la syzygie,

C’est Parthénope et son si sensuel trousseau

Qui broie et brise l’homme et  le rend vermisseau,

Or l’embrasse Uranie en son astrologie.

 

Je réponds à tous les appels

De la muse ou de la sirène :

Douce et mélancolique harpe,

Ignée agressive Gibson,

Des Elysées ou des Carpates

Au flow du Jamaïc Zion,

La musique est femelle et reine

Je réponds à tous ses appels.

 

 

 

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30 décembre 2018

Scène de ménage

 

 

J’étais resté l’enfant, jusqu’à neuf-cent-trente ans
Qu’avais-je à dire ? Rien, j’étais le pur infans,
L’Eve avait la lèvre loquace.
J’allais, suant d’ahan, contre les mers, les vents,
Me souffrir, me saigner et trouver quelque sens
Qui la comble, la satisfasse.

De ta côte, Chéri, je pris toutes les grâces,
Acceptais les houris et mille autres pétasses
N’était-ce point, là, soumission ?
En douleurs, j’accouchais des égoïstes faces
Qui du chaos, rangeaient, poisons, injustes places
Nos chiourmes et leur succession.

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28 décembre 2018

Interrupteur

 

 

La veinule acajou d’une commode morte
En l’oubli des greniers dont l’inouvrable porte
N’augurait à la découverte,
M’intima de presser sur cette sente accorte
Un index hasardeux -devint la veine, aorte-
Et là, rivière fut offerte :

Aux mille et un cheveux que tu cisaillas, vie,
Spasme, incisant réflexe, cinglante lubie,
Tes crins avaient le reflet fauve
Du silence, Ô l’instant, sans stance, ni envie
Des douceurs du hammam ou de la Namibie,
Si je te savais sangs et sauve

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