Marihanama

19 août 2019

Larmes de bois

 

 

Sur les boursouflures des trognes –sept-

En mille lieux dessinés sur les cimes

De ciels si bleus qu’apparaissait : Transept,

Le paradoxal trait rouge d’un Seth

Fouettant le Tout de rumeurs assassines,

 

Violacées se plaisaient quelques lèvres

A bassement se décoller du fond,

A blablater sur les fleuves des fièvres,

Puis n’être plus que ménopauses mièvres,

S’agitant dans ce que miel et fiel font ;

 

Par-là, la peau des paréidolies,

Tissées aux sèves des plus rares bois,

S’enorgueillait de laques si jolies

Qu’œillets brillaient ; les orgues, les folies

Font de ces formes les plus belles fois ;

 

Sous la fumée étrange –l’intrigante,

Il est des bourgeons qui sont calumets-,

Réfléchissait l’autre écorce élégante,

Hurlait – Suis-moi ! sur la source vagante

Du souffle ultime où tu meurs et, permets-

 

Moi, l’Inédit, rien, presque une seconde,

Un feu de paille, l’ombre d’un parfum,

De t’inviter sur cet espace qu’onde

Une étincelle allumant, neuve, un monde,

Un temps tronqué sur sa croissance afin

 

Que de son crane pousse la jeunesse,

Naisse et renaisse encore infiniment,

De la nature, la païenne messe

Offrant à l’homme aucune autre promesse

Que tresses et nattes d'or  s’animant.

 

 

Si, dans la nuit, voyez briller la lymphe,

C’est une larme qui surgit des yeux

De la dryade au corps souple ; la nymphe

Sent son cœur battre le chagrin qui s’enfle,

De ne pouvoir jamais toucher les cieux.

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07 août 2019

zzzzzzzzzz

 

 

Au virage du rêve, au rivage du vers
Apparaît la paresse, appareille l’ivresse
Un décorum ami démuni de livre, est-ce
L’or d’un doux paradis qui drague les enfers ?

Au rivage du fleuve, au virage du vers,
Les matelas de mousse amassés sur l’eau douce,
-Edredons de l’ondine un temps brune, un temps rousse-
Sont venins et morphine aux plis des plus beaux vairs.

Par-delà tous les ciels, après l’âge du vers,
Parmi les tamarins, le margouillat se glisse
Sur un vieux chant marin qu’un aztèque air éclipse,
Un zinzolin sanglot cinglant les univers.

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05 août 2019

Prétexte

 

 

J’inventerais parfois pour ce plaisir, ce t.o.c.,

N’importe quelle antique attaque -un vain prétexte-,

L’occiput au cockpit et l’incipit crash-teste :

Mirer l’œil de Vénus ou rester au paddock ?

 

Le son cloque à l’oreille, il faut lâcher du lest,

Adoucir le volume et la voix ; le vers vogue

A la voile, au vent vif, sous l’iris vert d’un ogre

Qui vous engloutirait, ne fût la rime best.

 

Je purgerais un peu d’hélium et de l’eau zaine

-en dose optimale : un bémol à la douzaine-

M’enticherais d’Ishtar en le verbe de Sem,

 

Des minarets d’Ephèse aux ors de Carthagène,

Kawabaterais sur les pas d’un maître zen,

Inspirerais de tes cheveux la douce gemme.

 

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28 juillet 2019

Intervalle

 

 

Juste après que l’orage eut adouci l’ardoise

Molle et suintant la chaleur,

Se presse après la goutte un autre son, la toise

Au vol d’un temps, triste voleur

Dont, cathédrale au cœur du salon, la Comtoise

Chante la seconde en couleur

Acajou, jusqu’à l’aube, elle m’aime et m’emboise

Dans un silence cajoleur.

 

 

Seul ; auprès de la rage, une survie enfleure,

De gentiane et de vins d’Arbois,

Le vernis craquelé d’une table, un doux leurre

Que tapotent, piafs, les fous doigts

D’un pêcheur affairé sur la plume qui pleure

L’aile et son regard sur les toits,

-         A toi Rousseur du coq, c’est ton jour, c’est ton heure,

Incite et fais ce que tu dois.

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20 juillet 2019

Grève solaire

 

 

Mahana ! Mahana !, bêlent-ils, au matin,

Pressant le pamplemousse et pelant la papaye,

L’hibiscus à l’oreille en lapant à la paille

Des cocktails de coco ; ça, sur un air badin !

 

Alors que Tout je suis, je ne suis qu’anodin,

Mon sang nourrit l’abeille et la nuit j’entrebâille

Les yeux de Maui sur la blancheur qui baille

Du ventre de la Lune et de son air mutin.

 

Nana Mooréa, ton motu, j’abandonne,

Mon rai se meurt ici, personne, je n’étonne,

Voyez monter le bleu sur le front de Hina ;

 

Quelques cristaux de gel au rivage de l’anse

Scintillent dans le sombre où sombre le Mana,

Aident les esseulés à trouver leur pitance.

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14 juillet 2019

Vacances

 

 

Je, comme un comanche,

La hache à la hanche,

Guettais,

Sur ce chaud dimanche,

De ta robe blanche,

Quêtais

L’art de l’insouciance

Dont tu te, pervenche,

Vêtais,

 

Le parfum d’été

Le vent de gaité,

J’y pense ;

Je l’ai tant fêté,

Je l’ai tant souhaité,

Avance,

Sors de ce Léthé,

Ton, tant j’ai gouté,

Absence.

 

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07 juillet 2019

Le Frère Âne

 

 

C’est à Cupertino –les Pouilles, l’Italie-

Que naquit Giuseppe, d’un père charpentier,

Qui nourrissait déjà l’envers de l’eulalie ;

 

Pour la veuve endettée, un garçon savetier,

Mieux encor ! Cordonnier eût adouci sa peine,

Mais Joseph était gauche et fait pour nul métier :

 

La bouche ouverte, bête à bouffer de l’aveine,

-Il devint bien plus tard Patron des étudiants-

Ce n’était point le vif qui coulait dans sa veine.

 

C’est sûr, il rejoindrait le troupeau des mendiants

Se trainerait, pouilleux, de Tarente à Bergame ;

Les frères franciscains traduisirent « Hi-hans »

 

Les mots de ce grand niais, chiche discours -un drame ! -

Il finit Frère lai mais, las, les capucins

Bannirent, excédés, Giuseppe, le Frère Âne.

 

Il avait la candeur, la fraîcheur des poussins,

Une foi simple et pure, extrêmement vivace ;

A chaque psaume oyait Joseph tous les tocsins

 

L’intimant gentiment de présenter sa face :

-         Dernier appel au comptoir des lévitations

Ainsi s’élevait-il et quittait la surface

 

Où ses pairs affolés par ces méditations 

Convoquaient le miracle ou la sorcellerie,

Or, lui, se réjouissait de ces visitations ;

 

Quel univers plus doux, quelle autre miellerie

Que le faîte de l’if ou le toit du clocher,

Comment peut-on rêver meilleure hôtellerie

 

 

Que celle dans le ciel où le doigt peut toucher

La hanche du nuage et du soleil, le voile ?

Devenu des chansons, des parfums, le nocher,

 

Frère Âne vole heureux auprès de son étoile.

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30 juin 2019

A la Lune

 

 

Un univers, un lac, une forêt,

Un confetti, le sable blanc, la dune ;

Un verbe, un rêve, une envie, un tiret,

Juste une flaque, ainsi nait la fortune :

Dès qu’un calame esquisse l’horizon,

Clame à nos cœurs d’ouïr une raison

Surnaturelle infiniment nouvelle

Où divers sons sont bordés en louvelle,

Joyeusement, du zénith au nadir,

Dans la barcasse ou dans la caravelle,

Lune, Ô ma muse, aide-nous à partir.

 

Face à l’Iroise et depuis quelque crêt,

De nous, fais fous de Bassan ; qu’un Neptune

Tremble à l’envol menaçant du sacret,

Guignant de l’œil la pauvre et piètre thune ;

Une anodine humeur de la maison

Qui s’évanouit, tombe en pamoison,

Renait dans l’ombre à l’heur d’une favelle

Eclaboussant de cris ce qu’elle fêle,

Ce qu’elle fait, c’est le normal mentir,

Mimer l’instinct de la bête anophèle,

Lune ô ma muse, aide-nous à partir.

 

Je me souviens de ton si bel apprêt,

De ce khôl gras sur ton regard et d’une

Lueur dans l’œil apparemment propret

Que, lourd, teintait en si noir l’opportune

Evasion : mourir, une prison ?

Jouir, bien sûr, c’est là qu’est l’oraison :

Glisse ma langue à ta rose civelle,

Gigotements ! Seigneur ! Te voilà belle,

Plus rien ne sert ici de t’avertir,

Un instant clair et pourtant je t’appelle :

Lune ô ma muse, aide-nous à partir.

 

 

Quand en chemin, nous verrons un muret,

Un code étrange, une insondable rune,

Main dans la main, nous tendrons le jarret,

Enjamberons les souches et la grume.

Vers l’azur froid, la glace ou la mousson,

Les souffles courts, sifflant à l’unisson,

Un même vol, une même vervelle,

Etourdiront la botte et la javelle

Du champ qui craque et saura ressentir

De nos sangs chauds la secrète estavelle,

Lune ô ma muse, aide-nous à partir.

 

S’enfuir toujours et voler sans arrêt,

Dans les éthers d’un voyage nocturne,

Surfant un flot fabuleux, mascaret

Dont la vigueur, à la source diurne,

Gonfle et se gorge aux sucs d’un doux poison :

L’eau, la lumière et le souffle à foison,

Mie à ma plume emmêle ta vive aile,

-Mon étamine aime tant ton ovelle-

Volons, jouons, allons nous divertir,

Anges soyons, qu’un Eole échevelle,

Lune ô ma muse, aide-nous à partir.

 

Quand chaque nuit, comme une manivelle,

Rotondité, ta présence révèle

L’obscurité songeant à m’enlaidir,

C’est ce refrain qui peuple ma cervelle :

Lune ô ma muse, aide-nous à partir.

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28 juin 2019

Canicule 2019

 

 

C’est par ces temps si chauds que l’on repense au nord
Tout ce qu’on dédaignait, ce rebut d’outre-Loire,
Ces corons mal famés et la morne bouilloire
Crachotant quelques jets silicosés à mort.

Roubaix ? C’est Brasília ! Dans le ciel, c’est notoire,
La perruche se dore et le moineau s’endort,
La première est vivace et le second moins fort,
Mais le temps fait le temps, c’est le climat, l’Histoire.

Anvers ? C’est Figueras ! En guise de tapas,
Les langoustes d’Ostende ont l’humeur espagnole,
Flamenquisent leurs pas, l’antenne dans la gnole,
Celle qu’un Dali pût peindre dans les pampas.

Koweit est à Paris. Quelle température ?
Un cinquante degrés, c’est normal, c’est l’hiver ;
C’est plutôt cool la terre en mode always fever
Dansons, brûlons, dansons, brûlons tant que ça dure.

Bruges. Les gondoliers ont des airs futuniens,
Les paréos des sœurs qui, dans leur béguinage,
Dansent des tamourés comme un magique hommage
Au dieu flamand « Hoû-blon », sont voiles ioniens.

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23 juin 2019

Trous d'air

 

 

C’est égoïste, je le sais,

J’ai toujours aimé les cyclones :

Les alertes II, la farine,

Le feu qui s’éprend des pylônes

Les preux cieux orange-opaline

La menace sur les vieux chais

La foudre qui cingle et câline

Adoucit les airs des fous geais.

 

Alerte, c’est la canicule !

Ô ma Sœur, nous allons rôtir

Au plus profond des chaudes mines,

Dans la touffeur de l’ergastule

Où nos âmes allons mutir

En gaz  absolus, morts intimes,

Comme une étoile d’Agadir,

Filant sa seule particule.

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22 juin 2019

Butiner

 

Parfois par un parfum parait frais le prénom

D’une intime émotion qui ressurgit, se glisse

Sur un sérieux travail dont l’affreux étymon

Epanouit l’esprit tant qu’il le paralyse,

L’endort dans un dilemme à l’odeur d’anémone :

 

Anémone, être une âme à l’ordre d’un Eole,

Emmêlée à l’image, aux couleurs d’Adonis

Animé par le rouge et l’heur de l’aréole

D’où s’écoulent –liqueur, et de mangue et d’anis-

Les divins châtiments qui mènent à Shéol.

 

Créoles sont les mots et le flou du non-dit,

Va, vient, vole et se tait. C’est l’instant. La vacance.

Perséphone est aux bains, Aphrodite, elle, au lit,

Ton cœur bat le safran, ta subtile fragrance

A le chant d’un baiser qui s’entend « Marguerite ».

 

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10 juin 2019

L'aveugle et le banyan

 

I

 

Sous les feux violents d’un midi pacifique,

Corps à même la sèche écorce d’un ficus

-Une baleine en bois, un banyan magnifique-

Aveugle, tu t’endors aux ors que tu vécus.

 

Tonitruant azur, sa source jaunifique

S’étoile en mille rus et les fleurs d’hibiscus

Sont autant de rubis quand l’image nymphique

Se livre à ton esprit vengeant tes yeux vaincus :

 

La sève dans le sang, les veines aux lianes,

Tes doigts touchent les mains de muses océanes

Qui promènent ton cœur près du frangipanier,

 

Couchent tes os lassés sous le ciel d’une hutte

Aux nuages rosés, le canaque vannier

Tresse un fil de lumière à ton âme et sa chute.

 

II

 

Sa chute dans un creek au pied du Mont Panié,

Au Tropique du Capricorne,

Sur un rocher sacré dont l’île de Kunié

Comme un des plus beaux bijoux s’orne,

 

Sa chute dans la mine ouverte de nickel

Ou plus au sud, auprès du chrome,

Dans l’eau rouge et salie au riyal, au shekel,

A l’absurdité de l’âcre homme ?

 

 

 

 

 

 

III

 

L’âme et la chute, -chut ! à Dante,

L’aveugle à la vue ascendante

Pêche sur les eaux de Yaté

A bord d’un coracle natté

La perche et son épine ardente,

 

Sur les plages de Plum, il chante

La passe, le pertuis, la sente,

A celui qui sait l’écouter,

Aime se laisser envoûter

Au gré d’un parfum qui le hante :

 

Une odeur de coprah mêlée

A l’humeur douce et vanillée

Que juste un trait de goménol

Excite, élève d’un bémol

Vers une caresse exilée

Dans le fût d’un pin colonnaire

Qu’illumine un rouge lunaire.

 

Sur un versant du Mont Koghi,

L’aveugle est dans l’œil du cagou

Qu’abrite un banyan millénaire

 

Porté par un océan qui

Par-delà la barrière, cou,

Lui tranche le goût d’éphémère.

 

 

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02 juin 2019

L'été d'où ?

 

 

C’est l’été doux des flammes d’eau

Des potamots et des longs rais

Qui peuplent la clairière amie

Où s’étendent sur des sofas

Des houris sous l’ombre d’un saule

Et se lancent des falbalas

Du safran, des perles aussi

C’est l’été doux des flammes d’eau.

 

J’allais à bord de mon radeau

Vers l’homme qui parle khasi

M’amusant auprès d’impalas

Qui m’emmenaient bien loin du sol

Porté par le divin nafas

Entre cyclone et accalmie

Vers d’autres lointains que j’ocrais

J’allais à bord de mon radeau

 

Dès que j’aurai vu le dodo

Offrir son plumage au rae rae,,

Que deviendront ami-ami

Les abeilles et les Gafas,

Quand tous les mirages sol-sol

Auront le chant d’un la la la

Je reviendrai, mais si, mais si…

Dès que j’aurai vu le dodo

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Un dimanche sans

 

 

A la fourchette et sous une pierre,

Piquée au cœur de son frais sommeil,

Se tend l’anguille et meurt au soleil,

Fouettant d’argent la mauve bruyère

 

Que couvre d’or la poudre d’un feuil

-C’est l’été d’août, près de la rivière-

Un ensifère à l’allure fière,

Excite l’omble et son si vif œil.

 

Bientôt midi, tu n’es pas venue

La libellule emporte son bleu

Vers un blé sec, sa tige fanue

 

Au soleil craque : en silence un leu

Hurle déjà, se brûlant au feu

De ce midi, tu n’es pas venue.

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31 mai 2019

Sonnet pour ma molaire

 

 

Je disais « A Jamais, je t’aimais » à ma dent

Tandis qu’un masque hostile arrachait, vil, ma chaille,

Je fixais ce totem, attendais qu’un mage aille

Apaiser ma douleur et briser l’air badant,

 

Niais, lâche et soumis aux fers d’une tenaille

Que pinçaient des yeux bleus, -ravis, c’était patent-

« Cool, vous n’aurez plus mal, verrez, c’est épatant,

Restez calme » mentait la dentiste, canaille !

 

Un sccrotcch à la racine et même pas le temps

De nous remémorer –Molaire, Amie ! Attends ! –

Les tonnes de poulets, les canards et les cailles

 

Les tonneaux de jajas, les goujons, les flétans,

Les mots collets montés, les humeurs de racailles

Que nous croquâmes, Sœur, en grinçant, tous ces ans.

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